Semaine politique (critique) de l’OPT #3

L’Observatoire politique tunisien se propose de récapituler, sous un angle critique, les évènements marquants de la vie politique tunisienne de la semaine passée afin d’offrir une vue d’ensemble de l’évolution du processus démocratique qui a lieu actuellement en Tunisie :

L’ISIE a annoncé les résultats officiels de l’élection dans une conférence de presse, le lundi 14 novembre 2011 à 11h du matin. Comme prévu, il n’y a pas eu de surprises et les recours auprès du Tribunal Administratif ont fait valoir les droits des candidats à l’élection pour la constituante du 23 octobre dernier. Kamel Jendoubi plaide à présent pour une ISIE permanente apprend on sur Kapitalis. Autant l’organisation des élections a été excellente, autant leur rôle d’arbitre équitable a été d’une nullité sans nom. On ne peut pas se contenter de relever et vérifier des infractions sur son propre site internet et ne pas prendre de sanctions par la suite, on ne peut pas contrôler le financement de la campagne électorale sans contrôler le financement des partis depuis le 14 janvier, on ne peut pas arbitrairement sanctionner un seul parti parce qu’on sait que ça plaira à l’opinion, on ne peut pas être conciliant avec la plus petite des infractions, car ce ne pourra être qu’un encouragement pour les contrevenants, enfin on ne peut pas se créer une légitimité en étant débouté par un Tribunal Administratif. Un organe de contrôle indépendant des élections, oui, mais sans courage et sans prises de position fermes, non…

Le parti FDTL-Ettakatol a annoncé qu’il suspendait sa participation aux commissions pour l’élaboration d’un programme commun avec Ennahdha et le CPR. C’est une bonne nouvelle car il s’agissait ni plus ni moins que d’une prise d’otage de l’Assemblée Nationale Constituante avec par exemple un accord sur le règlement intérieur à définir au sein de cette dernière. Inutile de se réjouir cependant, l’acte est purement symbolique et ne les placera pas dans l’opposition, c’est en tout cas ce qu’affirme Khémaïs Ksila, membre du Bureau politique d’Ettakatol, qui refuse le terme de "rupture" lui préférant "message à l’opinion publique et aux adhérents". Autant dire de simples paroles pour tenter de rassurer des militants déçus qui se cherchent un nouveau foyer et une opinion publique en proie à de sérieux doutes à la vision du nouveau concept de Mustapha Ben Jaâfar : l’opposition d’intérêt nationale…

Après Souad Abderahim et ses "infâmes mères célibataires", c’est "la reconquête de Jérusalem et le 6e califat" de Hamadi Jebali qui sont aujourd’hui dans l’actualité. Ennahdha qui avait pourtant l’air de savoir ce qu’il faisait avec sa communication travaillée, ses méthodes professionnelles commet erreur sur erreur ces derniers temps, serait-ce le signe d’un péché d’orgueil? Une chose est sûre Samir Dilou, le pompier de service, n’a de cesse d’éteindre les feux allumés par les cadres de son parti. Avoir des pyromanes au pouvoir ne s’avère clairement pas être un gage de sérénité…

El Aridha règle ses comptes. A la suite d’une réunion politique tenue à Monastir, avec la participation de Hechmi el Hamdi en visioconférence, la Pétition populaire a décidé de dissoudre toutes les listes n’ayant pas obtenu de sièges (belle preuve de fidélité qui s’assimile à une sanction) et l’exclusion de tous les élus ayant annoncé leur indépendance, (là il s’agit clairement de l’application de sanctions pour crime de lèse-majesté). Autant parler d’une ambiance particulièrement bon enfant au sein d’un parti qui respire la démocratie…

Les dirigeants de l’Union générale tunisienne de travailleurs (Ugtt) se montrent solidaires avec leur chef Abdessalem Jrad, soupçonné de corruption et dont l’implication avec l’ancien régime est un secret de polichinelle. Ils s’insurgent aussi contre le rapport récemment publié par la Commission nationale d’établissement des faits sur les affaires de malversation et de corruption, qui a publié des informations très gênantes pour M. Jerad et tentent de faire pression sur les gouvernants en déclenchant des grèves, un peu partout dans le pays. Non contents de poignarder l’économie du pays, ils refusent donc que la justice indépendante fasse son travail. En voilà une idée "révolutionnaire" digne du fonctionnement de… l’Ancien Régime.

C’est tout pour cette semaine et c’est déjà pas mal…

À propos de observatoirepolitiquetunisien

L'Observatoire Politique Tunisien est une initiative individuelle privée, non affiliée à un parti, qui a pour objectif de sensibiliser les Tunisiens à la politique. Par des présentations, des analyses et des commentaires de l'actualité politique du pays, nous tenterons de fournir aux lecteurs quelques clés pour analyser et comprendre la communication politique des différentes composantes du paysage politique tunisien.
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