Ettakatol à la loupe

Troisième parti à passer sous le regard citoyen critique de l’Observatoire politique tunisien, le parti FDTL-Ettakatol. Après Ennahdha et Afek Tounes, c’est au tour du parti de Mustapha Ben Jaafar d’être analysé par notre rédaction afin que vous fassiez votre choix en tout conscience, pour les élections du 23 octobre prochain. Ettakatol à la vision d’un État stratège et régulateur dans une relation public-privé de confiance, où l’investissement privé est un des moteurs essentiels de l’économie et où la libre entreprise est encouragée. Ils souhaitent d’abord instituer des mesures d’urgence afin de réduire les tensions de chômage dans les zones défavorisées, récupérer et réinvestir les biens mal acquis et sauver les entreprises en difficulté, mettre en place une justice transitionnelle avant de penser à une réconciliation nationale. Il faut ensuite selon eux, relancer l’économie par l’investissement public et privé et aider l’émergence sectorielle (industrie, tourisme, services, etc…).

Ils proposent pour la future constitution un régime présidentiel mixte avec un président élu au suffrage universel direct pour 5 ans renouvelable une fois. Le président désignera un premier ministre dans la majorité parlementaire afin qu’il forme un gouvernement. Ils envisagent un droit de dissolution du parlement, une fois par mandat pour le futur président et la possibilité de voter des motions de censure du gouvernement par le parlement.

Leur Programme économique est une proposition de relance basée sur des relations sociales qui stimulent le progrès scientifique, l’innovation, la production, la croissance économique et la compétitivité, qui favorise une stratégie de reprise économique basée sur le plein emploi. Pour cela, Ettakatol prône une économie qui réconcilie tous les Tunisiens dans un nouveau contrat social visant la performance mais aussi la cohésion sociale. Ils veulent créer près de 100 000 emplois dans les services publics, notamment dans les collectivités locales, ils veulent rééquilibrer le secteur du commerce en vue d’une balance commerciale équilibrée et d’une meilleure régulation du marché. Ils souhaitent soutenir les jeunes entrepreneurs, faire des énergies renouvelables un moteur de croissance, assurer une maîtrise parfaite des équilibres financiers du pays et mieux intégrer les services  dans l’espace économique régional et international.

Fiscalité : Ils souhaitent la révision de l’indice des prix et un nouveau calcul du SMIG du SMAG et des bas salaires. Ils veulent exonérer fiscalement les revenus en dessous de 3500 DT et Mettre en place de nouveaux paliers pour les tranches les plus élevées.

Social : Semaine de 40 en 5 jours avec deux jours de repos et prolongation du congé parental. Mise en place d’une Contribution de Solidarité (CDS) financée par l’imposition des transferts de dividendes, le relèvement des plus-values immobilières et d’autres taxes agrées (grande distribution, opérateur télécom, concession automobile, banques et assurances). Création à moyen terme d’une caisse d’assurance chômage.

Justice :  Principe d’élection pour les membres du Conseil Supérieur de la Magistrature, amélioration de la formation et les conditions de travail des juges, droit d’être assisté par un avocat dés l’arrestation.

Régions : lutte contre les disparités par une gouvernance locale sous forme de conseils de districts et de structures autonomes régionales. Antennes régionales de cours des comptes et de Tribunaux administratifs. Redécoupage administratif du territoire en 5 grandes régions horizontales plus équilibrées économiquement.

Agriculture : Développement rural intégré, rééchelonnement de la dette des agriculteurs et effacement des dettes des petits agriculteurs en difficulté à concurrence de 4000 DT. Incitation contre le morcellement foncier.

Médias : Création d’un « CSA » en charge du respect de la déontologie et garante de la liberté et de la diversité des médias. Respect de la confidentialité des sources dans le journalisme, création d’une chaîne parlementaire.

Administration : Séance continue sur 5 jours avec un jour en séance nocturne pour les services ouverts au public. Transparence des concours administratifs.

Sécurité : Amélioration de la formation des forces de police, création d’une police de proximité.

Santé : Mise en place d’un ministère de la santé et de la prévoyance sociale qui régulera la couverture des soins, accessibilité des soins sur tout le territoire financée par l’argent également utilisé pour la constitution de la CDS (voir ci dessus dans la partie « social »).

Éducation : soutien scolaire, redéfinition des méthodes d’enseignement et des programmes, création d’un Observatoire national indépendant pour une approche prospective de l’enseignement, autonomie des universités.

Culture : création de bibliothèques dans toutes les agglomérations, encouragement de l’investissement privé et création d’une agence de promotion des investissements culturels.

Ettakatol propose donc un programme très à gauche avec une pan social particulièrement développé qui saura en convaincre certain. La semaine travaillée sur 5 jours, la prolongation du congé parental, la mise en place d’aides sociales (un RSA tunisien) et d’allocations chômage sont des propositions intéressantes d’un point de vue sociétal.

On sait d’ores et déjà que les plus libéraux et les plus aisés n’apprécieront pas toutes les mesures sociales qu’entend mettre en place le parti. La possible création d’un impôt sur la fortune qui ne dit pas son nom, la création de nouvelles assiettes fiscales pour les plus aisés, de nouvelles taxations supplémentaires pour financer une allocation d’aide sont autant de mesures qui constitueront des prélèvements supplémentaires dans la catégorie de population la plus privilégiée. Pour que la Contribution De Solidarité (CDS) soit réellement une avancée, il faudra être sûr que les banques, les assurances, la grande distribution, les concessionnaires et les télécoms ne répercutent pas ces nouvelles taxes sur les prix, ce qui serait préjudiciable pour l’ensemble des citoyens tunisiens.

De manière encore plus critique, on peut reprocher comme dans la plupart des programmes des partis politiques tunisiens, des imprécisions. Les phrases du type « définition des prérogatives », « instauration de mécanismes » ou « définition précise du fonctionnement » particulièrement nombreuses laissent penser que tout reste encore à faire, qu’on a conscience des objectifs mais que la manière de faire n’est pas encore définie. Le programme d’Ettakatol évoque ainsi le devoir et la responsabilité du politique mais manque de contenus et d’idées dans la réalisation concrète des propositions. Le programme économique peut parfois paraître inconsistant dans la mesure où la future croissance et la future compétitivité ne se basent pas sur des chiffres mais sur un postulat subjectif suite à leur lutte contre la corruption et à un retour à une situation sécuritaire sous contrôle, ce n’est pas suffisant… Il ne s’agit peut être simplement que d’une mauvaise formulation mais dans le cas contraire des explications sur la faisabilité sont nécessaires.

D’après ces remarques, l’Observatoire politique tunisien pense pouvoir annoncer qu’il s’agit plus d’une feuille de route pour la constituante que d’un programme à proprement parlé. Une feuille de route résolument sociale, qui propose des avancées importantes pour la société tunisienne et qui exprime une volonté démocratique et progressiste. La rédaction ajoute que la transparence sur le financement du parti, bien que manquant de détails, est une nécessité et qu’en ce sens ils font preuve de responsabilité :

Ressources depuis le 1er janvier 2011 : Journal Mouatinoun (35.116 DT), adhérents, dons, avances et prêts (1.118.175 DT) soit 1. 153.291 DT.

Dépenses depuis le 1er janvier 2011 : Charges locatives, dépenses, déploiement, organisation d’événements et de meetings, dépenses et communication, divers (assurance, télécoms, honoraires) : 993.230 DT.

Nous regrettons en revanche la prise de position tendancieuse et non tranchée de son président concernant une éventuelle alliance avec des partis extrémistes. L’appartenance ou non au camp des démocrates est aussi déterminée par ce type de comportement. Nous souhaitons donc à l’avenir que les avis d’Ettakatol soient plus tranchés pour le bien de la démocratie. Il ne serait pas responsable de scinder le camp des républicains pour des considérations électoralistes.

Pour vous faire votre propre opinion, allez voir le programme Ettakatol.

A propos observatoirepolitiquetunisien

L'Observatoire Politique Tunisien est une initiative individuelle privée, non affiliée à un parti, qui a pour objectif de sensibiliser les Tunisiens à la politique. Par des présentations, des analyses et des commentaires de l'actualité politique du pays, nous tenterons de fournir aux lecteurs quelques clés pour analyser et comprendre la communication politique des différentes composantes du paysage politique tunisien.
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9 commentaires pour Ettakatol à la loupe

  1. Imed dit :

    Puis-je connaitre le critère sur lequel vous vous basez pour dire qu’un parti est républicain ou pas ? A ma conaissance, tous les partis autorisés prônent l’instauration d’un état républicain. J’aimerais donc bien savoir sur quel critère vous vous êtes reposés pour former ce que vous appelez le « camp des républicains » en y mettant des partis tels que le PDP qui ne cache même plus ses flirts avec l’ancien régime, et en excluant tous parti qui ose considérer Ennahdha comme un parti politique comme les autres (comme le CPR ou Ettkatol). C’est ça ce que vous appelez être républicain ? Et bein, moi je ne veux pas de cette République là, la République Ben Aliste de l’exclusion.

    • D’abord vous avez raison, l’utilisation de « républicain » implique le rattachement à la République en tant que régime politique. Par conséquent le terme est trop générique et pas assez explicite puisqu’il y aura nécessairement une nouvelle république à l’issue du scrutin du 23 octobre prochain. Il fallait entendre par « camp des républicains », « camp progressiste » qui peut désigner les républicains réformateurs qui souhaitent mettre en place un modèle de société ouvert, pluraliste, protecteur et garant des libertés individuelles, de la séparation des pouvoirs, de l’indépendance de la justice et empêchant toute forme de censure et d’intrusion du religieux en politique dans l’intérêt du peuple.

      Concernant la ligne éditoriale de l’Observatoire politique tunisien. A notre connaissance, nous n’appelons à voter pour aucun parti en particulier, nous ne faisons qu’émettre des avis sur l’aspect progressiste des programmes en disséquant certaines prises de positions ou en dénonçant des intensions déguisées. Nous n’excluons personne des élections, nous n’en avons pas le pouvoir, d’ailleurs nos propos n’ont d’échos que chez ceux qui partagent nos idées par conséquent penser que nous sommes des faiseurs d’opinion est flatteur mais n’est pas vrai.

      Ennahdha a omis de préciser qu’il avait un référent idéologique religieux dans ses statuts ce qui l’aurait écarté des élections à juste titre compte tenu de l’interdiction en vigueur dans la dernière constitution. Cette manipulation des institutions par omission délibérée nous donne un a priori négatif sur leurs intentions puisque leur acte de fondation aura été de contourner les raisons de la révolution du 14 janvier dans l’objectif d’adopter un régime politique qui n’a jamais fait partie des revendications révolutionnaires. Ennahdha n’est donc pas pour nous un parti comme les autres. Pour ce qui est de leur programme des zones d’ombres problématiques sur un certain nombre de libertés individuelles nous posent un problème comme expliqué dans l’article présentant leur programme, c’est pourquoi à ce niveau d’opacité, nous ne les considérons pas comme un parti progressiste.

      Pour ce qui de Ettakatol relisez l’article ci dessus, il fait partie des partis progressistes. Si vous n’aimez pas le PDP, vous êtes libre de ne pas voter pour eux le 23 octobre prochain, nous vous renvoyons à notre article sur eux qui est plutôt de nature critique et qui leur reproche un certain nombre de griefs.

      L’utilisation du président déchu comme justification est un argument très faible, « ceux qui ne sont pas d’accord avec moi sont des bénalistes », sortez de l’esprit partisan et faites entendre votre voix en militant, en argumentant et en votant mais arrêtez de promouvoir un parti en essayant de salir les autres, apprenez que la démocratie c’est accepter que les autres peuvent avoir un avis différent du votre.

      • Imed dit :

        Je ne sais pas du tout où vous êtes allés chercher que je traite tous ceux qui ne sont pas d’accord avec moi de Ben Aliste. Je disais juste que je ne voulais pas d’une république Ben Aliste basée sur l’exclusion (en réponse à votre utilisation du terme « républicain » pour certains partis et pas pour d’autres). Vous m’avez depuis fait comprendre que vous vouliez dire « progressiste » en utilisant ce mot, mon commentaire ne tient donc plus.
        En ce qui d’Ennahdha, ce n’est un secret pour personne que Ennahdha n’est pas progressiste (il ne manquerait plus que ça d’ailleurs), ni un parti comme les autres. D’ailleurs je n’ai jamais dit que Ennahdha était un parti comme les autres, j’ai dit que Ettakatol et le CPR (et le PCOT que j’ai oublié) sont les seuls à traiter ce parti comme ils traitent les autres (et ça ne veut pas dire non plus qu’ils le considèrent comme les autres, c’est juste qu’ils refusent, contrairement à dautres, de faire des procès d’intention).
        En ce qui est du PDP, que je l’aime ou pas, ce n’est pas le propos. En revanche, il y’a des FAITS très graves relatifs à ce parti sur lesquels vous semblez fermer les yeux, alors que vous semblez être très pointilleux en ce qui concerne Ennahdha, et c’est ce deux poids deux mesures (qui, j’espère, est involontaire de votre part, et je le crois, car je vous accuse aucunement de partialité) qui me dérange. Car, bien que Ennahdha ne me représente en rien, la traiter différemment des autres lui donnera la position qu’elle préfère, celle de « victime ». Revenons au PDP. Vous auriez par exemple pu (et du) insister plus sur ses sources de financement bien plus que douteuses (demandez à Mr Jarraya et compagnie), sur sa défense de la non exclusion des RCDistes lors de l’élaboration de l’article 15, sur la position de Mr Chebbi le soir même du 13 janvier en réaction au discours du dictateur, et j’en passe et des meilleurs. Tout ce que je dis là n’a rien à voir avec mes soit disant « intérêts partisans », je veux juste qu’on ne ferme pas les yeux sur des faits que je considère très graves
        , sous couvert que ce parti soit « progressiste ». D’ailleurs, personnellement, je ne considère pas du tout le PDP, ni les partis néo-RCDistes, comme progressistes. Car la définition du progressisme devrait, en plus du volet idéologique qui s’applique à Ennahdha, inclure le
        Rupture totale avec l’ancien régime. Et sur ce plan là, des partis comme le CPR ou le PCOT (que vous semblez exclure du camp progressiste), sont largement plus progressistes que le PDP.
        Dans tous les cas, je tenais à vous dire que j’appréciais beaucoup ce que vous faites, et que si mon commentaire précédent vous avait fait penser que je doutais de votre partialité, sachez que ce n’était nullement mon intention.

  2. Comme expliqué ci dessus, la rédaction ne classe pas le parti Ennahdha comme un parti comme les autres, par conséquent nous ne considérons pas notre mode de classement comme basé sur l’exclusion, encore moins comme un procédé pouvant se rapprocher de près ou de loin à une méthode de l’ancien régime. Ce que nous ne voulons pas c’est céder la plus petite once du terrain de notre liberté individuelle, car le terrain perdu ne pourra être regagné par la suite. La rédaction ne pense pas que traiter le parti Ennahdha comme un parti comme les autres aide la démocratie et plaide pour un régime progressiste. D’où notre réserve sur la communication d’Ettakatol et sur le CPR qui fait preuve d’ouverture avec Ennahdha sous couvert de point de vue convergent sur l’arabisation et le référent arabo-musulman quasi exclusif. Seulement cette ouverture s’accompagne d’une fermeture totale sur d’éventuels partenariats économiques ou culturels européens, sur la reconnaissance d’une identité mosaïque, nous vous renvoyons à l’article sur le programme du CPR à ce propos. Nous avançons une opinion argumentée sur les programme au prisme du progressisme, après effectivement la définition du progressisme peut être différente d’un individu à un autre.
    Pour revenir sur le PDP et sur le financement de ce parti, nous avons encouragé l’ISIE dans notre article sur les modalités de financement des campagnes politiques à pousser leur contrôle au financement des partis depuis le 14 janvier dernier afin de renforcer l’équité entre partis et dans un souci de clarté. Si d’aventure les instances concernées effectuaient ces contrôles, nous pourrions alors éventuellement parler de faits avérés passibles de l’exclusion du scrutin, mais ce n’est pas le cas aujourd’hui. Pour ce qui concerne l’exclusion des anciens cadres RCD, si les listes PDP ont été validées c’est qu’aucun nom des listes déposées ne figure sur la liste des anciens RCD interdits d’élection, après il n’a pas été interdit à ces anciens cadres d’exercer des fonctions de conseil, la faute en revient au gouvernement provisoire, nous le déplorons également… Preuve supplémentaire de la non exhaustivité de cette liste de 14000 noms, les partis El Watan et l’Initiative sont légalisés…
    L’idéologie communiste n’est pas considérée comme progressiste dans notre classement du fait de sa non inscription dans la réalité économique mondiale. La Tunisie étant un petit pays nous ne voyons pas comment elle pourrait faire infléchir les grandes nations de ce monde globalisé ou comment elle pourrait lutter face aux marchés financiers alors que nous dépendons directement d’eux compte tenu de notre modèle économique et de notre santé financière. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils ne peuvent pas jouer un rôle progressiste au niveau sociétal, au niveau de la protection des libertés individuelles ou encore du droit des travailleurs.
    Nous vous remercions en tout cas pour l’intérêt que vous portez à notre travail en vous assurant que nous nous efforçons effectivement d’avoir une conduite impartiale avec comme unique critère le niveau progressiste des propositions.

  3. Ping : Comment choisir son candidat en ligne ? — Actualités du monde !

  4. Nour Eden dit :

    « Nous regrettons en revanche la prise de position tendancieuse et non tranchée de son président concernant une éventuelle alliance avec des partis extrémistes. L’appartenance ou non au camp des démocrates est aussi déterminée par ce type de comportement. » Désormais vous faites partie de l’élite tunisienne autoproclamée qui vient de recevoir une magistrale gifle électorale ! Vous parlez de valeurs et de démocraties alors que vous êtes des défenseurs acharnés de l’exclusion ! De l’exclusion de ceux qui ont une opinion et surtout un comportement différent du votre dans la vie globalement et celle de tous les jours spécialement ! Les Nahdaouis sont des êtres humains, des tunisiens avec des qualités et des défauts comme tous les autres ! La différence entre eux et ceux que vous appelez progressistes ou démocrates est que les Nahdaouis ont des valeurs et des références qui s’inspirent de l’islam ! Je ne dis pas que ce qu’ils vont faire demain ça va être sacré et indiscutable, mais je ne leurs fais pas des procès à priori !! Sinon faites des procès à l’avance à tous ceux qui vont gouverner demain même progressistes et/ou démocrates !! … Si demain je vais marier ma fille, tout en respectant son choix, je lui conseillerai d’épouser un croyant pratiquant que quelqu’un qui se soule et qui joue au tiercé !! Et même le musulman pratiquant, je veillerais d’abord à voir ses qualités morales et humaines. Si vous n’êtes pas musulmans, sachez qu’avec nous autres musulmans, vous pouvez vivre en paix dans le respect total de vos croyances : c’est cela notre religion ! Nous vous respectons, donc vous nous devez du respect ! Arrêtez de nous hair et de nous attaquer pour des préjugés infondés ! Si par contre vous êtes musulmans comme nous, je peux vous assurer que vous êtes mal informés sur notre propre religion et que le jour viendra tôt ou tard pour que vous vous rendez compte qu’être défenseur de l’islam ne veut pas nécessairement dire être non-progressiste ou non-démocrate, bien au contraire !… Nous ne voulons exclure personne de tunisien et patriote, pas même le POCT ! Même les occidentaux ont commencé à comprendre la supercherie utilisée par les anciennes dictatures vis-à-vis des islamistes !! S’ils ne sont pas musulmans, ils ont au moins de grandes valeurs qui ont fini par triompher malgès le doute nourri au sujet des islamistes pendant des années d’une façon implaccable par nos oppresseurs !
    A ces occidentaux loyaux, j’implore dieu le tout puissant pour qu’il les guident vers leurs bien ! Quant ‘à nos frères de confession qui nous haissent tant, je leurs demande de réviser leur point de vue et de réfléchir profondément aux vraies raisons de la gifle électorale qui leurs a été donnée par les urnes tunisiennes ! Réveillez vous !!!

    • Il est très facile de faire des commentaires aujourd’hui, une fois les résultats connus de tous en se posant en donneur de leçons. Le débat sur l’identité tunisienne qui vous fait tant réagir à en croire votre commentaire ne s’était pas encore immiscé dans la politique au moment de l’écriture de cet article le 26 septembre 2011 et nous maintenons que l’ambiguïté laissée par Ettakatol n’avait qu’un but électoraliste et ne répondait qu’à l’envie de Mustapha Ben Jaafar d’être président de la république de transition, ce qu’il a déclaré officiellement hier…
      A titre personnel puisque vous semblez vous adressez à l’homme et pas à l’auteur des articles, je n’ai pas reçu de gifle électorale ne vous en déplaise, et je ne me pose pas en chantre de l’exclusion comme vous semblez le penser. Je ne fais que constater quand une personne ou un parti n’apporte pas les garanties de ce qu’il avance, utilise un double langage dangereux pour nos libertés individuelles, manipule l’opinion dans une visée électoraliste. Si pour vous la vigilance est un principe d’exclusion, faites vous berner dans la joie et la bonne humeur, moi je ne le ferai pas.
      Concernant votre confession religieuse ou celle de votre gendre je m’en contrefiche totalement, car c’est d’ordre privé, de la même manière que ma propre confession religieuse ne vous regarde pas. J’ajoute qu’en parlant d’exclusion vos propos sont particulièrement ouverts et stigmatisant, considérer tous les non pratiquants comme des joueurs de tiercé qui se soulent mérite qu’on s’incline devant tant de sagesse…
      Là différence est là justement, je ne cesse de le répéter dans les différents articles, vous n’avez pas compris que la séparation du religieux et du politique ne désert pas la religion il la protège, il la protège contre des gens comme vous semble t il qui l’utilisent pour étayer leur faible argumentation. Je suis musulman et vous n’avez pas à me dire ce que je dois faire ou comment on doit croire ou pratiquer notre religion. Cette religion que vous dites connaitre est universaliste et a pour caractéristique de ne pas avoir d’intermédiaires. Par conséquent chacun peut la comprendre et la pratiquer selon sa propre interprétation et personne ne peut parler en son nom, ni un internaute qui croit tout savoir, ni un parti politique qui ne contrôle pas sa base radicale. Je ne vous dois pas le respect, c’est vous qui devez le gagner par vos paroles et vos agissements alors cessez de systématiquement vous poser en victime et agissez pour faire changer d’avis sur les musulmans. J’ajoute que vous n’avez de toute manière rien à exiger de personne à moins que vous vous preniez pour Dieu…

  5. Nour Eden dit :

    « Il est très facile de faire des commentaires aujourd’hui, une fois les résultats connus de tous en se posant en donneur de leçons. » Je suis tombé par hasard sur votre article hier. Soyez certain que j’aurais répondu de la même façon si je l’avais lu avant les élections.
    « Le débat sur l’identité tunisienne qui vous fait tant réagir à en croire votre commentaire ne s’était pas encore immiscé dans la politique au moment de l’écriture de cet article le 26 septembre 2011 et nous maintenons que l’ambiguïté laissée par Ettakatol n’avait qu’un but électoraliste et ne répondait qu’à l’envie de Mustapha Ben Jaafar d’être président de la république de transition, ce qu’il a déclaré officiellement hier… » C’est son droit, et il le mérite au vu de son passé militant. Il a fait un choix intelligent et il a gagné. Par contre Néjib Chebbi qui a fait le choix opposé a reçu la fameuse gifle électorale ! … « n’avait qu’un but électoraliste et ne répondait qu’à l’envie de Mustapha Ben Jaafar d’être président de la république de transition » C’est vous qui le dites… Je pense que cet homme là a mieux compris les aspirations du peuple tunisien…
    « A titre personnel puisque vous semblez vous adressez à l’homme et pas à l’auteur des articles, je n’ai pas reçu de gifle électorale ne vous en déplaise, et je ne me pose pas en chantre de l’exclusion comme vous semblez le penser. » Je me suis adressé à tout porteur de telles idées d’exclusion déloyales.
    « Je ne fais que constater quand une personne ou un parti n’apporte pas les garanties de ce qu’il avance, utilise un double langage dangereux pour nos libertés individuelles, manipule l’opinion dans une visée électoraliste. Si pour vous la vigilance est un principe d’exclusion, faites vous berner dans la joie et la bonne humeur, moi je ne le ferai pas. » c’est justement là que je ne suis pas d’accord avec vous !! De quelles garanties parlez vous, et de quelle nature ? Citez moi un seul parti à l’échelle planétaire qui a donné de telles garanties ! … La vigilance est légitime, mais à l’encontre de tous sur le même pied d’égalité !
    « Là différence est là justement, je ne cesse de le répéter dans les différents articles, vous n’avez pas compris que la séparation du religieux et du politique ne désert pas la religion il la protège, il la protège contre des gens comme vous semble t il qui l’utilisent pour étayer leur faible argumentation. » Vous donnez la preuve matérielle d’être prétentieux ! C’est plutôt l’extrémisme et la politique qui sont à séparer !! l’extrémisme n’est pas seulement d’ordre religieux : des soi-disant démocrates et/ou progressistes peuvent devenir des extrémistes lorsqu’ils poussent à l’extrême leur méfiance des islamistes à un tel point qu’ils arrivent à nier les principes élémentaires de la démocratie en utilisant deux poids et deux mesures… Jamais qui que se soit ne pourra séparer le peuple de sa religion en utilisant ce ridicule concept de séparation du politique et du religieux, cela n’existe ni chez les chrétiens, ni chez les juifs. Et pour que l’on soit clair : Je ne suis ni un islamiste, ni un Nahdaoui ! Je serai le premier à défendre les libertés du peuple tunisien avec le même acharnement si jamais Ennahda change dans la pratique son langage actuellement modéré !! Je sais que certains agissements de quelques musulmans qui interprètent mal l’islam fait peur, mais ce n’est pas pour autant que je vais renier mes valeurs de bon musulman.

    • C’est effectivement le droit de tout homme politique de manipuler l’opinion à des fins électoralistes mais ça ne correspond pas à ma vision de la politique. On fait de la politique pour porter des idées, des convictions par pour suivre le courant dominant quitte à dénaturer ses propres opinions. On est d’accord pour ce qui concerne Nejib Chebbi qui avait le même égo que Mustapha Ben Jaafar mais avec une moins bonne communication politique et de grosses erreurs stratégiques, d’où le résultat que l’on connait. Maintenant, il s’agit peut être de cynisme mais je ne suis pas certains qu’il s’agisse vraiment de compréhension des aspirations quand on brigue la plus haute fonction de l’état…

      Les garanties dont je parlais sont un certain nombre de certitudes que Ennahdha a délibérément refusé de donner. Nous ne pourrions tenir le même discours si Ennahdha avait été transparent sur ses financements depuis le 14 janvier, nous ne pourrions tenir le même discours si Ennahdha donnait clairement son point de vue sur des sujets sensibles qui inquiètent une partie des 60% de Tunisiens qui n’ont pas voté pour eux, nous ne pourrions tenir le même discours si Ennahdha s’était clairement séparé de son électorat radical, mais ils ne l’ont pas fait parce qu’ils avaient un intérêt électoraliste à ne pas le faire. Le problème va se régler de lui même puisque pour gouverner ils auront besoin d’avoir une ligne de conduite claire, soit le radicalisme, soit la modération. Ils choisiront avec certitude la modération puisque ce courant représente la majorité de son électorat, nous lui reprochons simplement le fait de ne pas l’avoir fait avant les élections nous privant de ces garanties et leur assurant des voix supplémentaires au détriment de leurs propres convictions… Voilà la raison de notre peu de considération pour leur communication politique certes victorieuse mais qui manipule l’opinion des Tunisiens, qui joue sur la peur et qui laisse penser aux extrémistes qu’ils auront leur mot à dire sur le futur de la société… Relisez d’autre part les articles des différents auteurs du blog, notamment ceux sur les programmes des partis politiques, vous verrez que nous sommes tout aussi vigilant avec les propositions de l’ensemble des acteurs de la vie politique. Dés que quelque chose nous interpelle, nous le faisons savoir, qu’il s’agisse de libertés individuelles, de problèmes économiques ou de demande d’approfondissement.

      J’insiste sur la formulation : « séparation du politique et du religieux » car il permet de garantir la neutralité de l’état sur la question religieuse. Il ne s’agit pas seulement d’écarter l’extrémisme du pouvoir, qui doit l’être je partage votre avis, il s’agit d’empêcher les conflits d’intérêts sur les questions religieuses. Bien sûr que ce système de séparation existe ailleurs mais vous le confondez avec la politique gouvernementale des pays. L’intérêt d’un pouvoir en place est différent des textes constitutionnels vous en conviendrez… Qui a parlé d’une volonté de séparer le peuple tunisien de sa religion? Personne à ma connaissance en Tunisie, d’ailleurs il n’y a pas de partis laïcs dans le paysage politique tunisien contrairement à ce qui a été dit durant la campagne. Tout le monde se reconnait de l’article 1er de la constitution de 1959 excepté quelques indépendants qui remettaient en cause cet article. Personne ne vous demande donc de renier vos valeurs musulmanes, rassurez-vous.

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