PDM à la loupe

Le Pôle Démocratique Moderniste (PDM) également appelé "El Kotb" est la sixième composante politique tunisienne à passer au scanner de l’Observatoire politique tunisien. Unique coalition de partis et d’initiatives citoyennes du nouveau paysage politique du pays, le PDM se compose de 4 partis politiques (Mouvement Ettajdid, Parti Socialiste de Gauche (PSG), Parti Républicain, La voie du Centre) et de cinq initiatives d’indépendants (Collectif National des Indépendant(e)s du pôle, Initiative Citoyenne, Ligue des Indépendants du Pôle, Assez de Divisions Allons de l’avant!, Appel pour un Pôle Démocratique Progressiste et Culturel). L’intérêt premier de cette coalition est, selon leurs dires, de lutter contre les extrémismes en dépassant l’intérêt partisan, car l’assemblée constituante ne concerne pas l’aboutissement de l’ambition personnelle d’un leader mais bien l’avenir de l’ensemble des Tunisiens.

Le PDM a fait preuve de nettement plus d’audace que bon nombre de ses concurrents en ce qui concerne ses propositions pour la future constitution. Il propose en effet d’abolir la peine de mort, d’instituer une égalité parfaite dans l’héritage entre hommes et femmes, d’interdire toute forme de censure en inscrivant notamment dans la constitution le droit à la libre circulation de l’information, un recours à la discrimination positive pour promouvoir la participation des femmes et de jeunes dans la vie publique où pour la promotion de l’intégration des handicapés, Enfin il souhaitent que les lieux de culte soient gérés par les services de l’État sans financements étrangers.

Concernant le prochain régime politique, le PDM propose un régime mixte avec un président élu au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans renouvelable une fois. Pour la période transitoire, le Pôle propose que l’assemblée constituante se dote d’un règlement intérieur rapidement et que les lois et décisions soient validées à la majorité simple (50% + 1 voix) sauf en ce qui concerne la rédaction de la constitution, où chaque article exigerait une majorité qualifiée des deux tiers (2/3).

Le programme économique du PDM a pour objectif de répondre aux besoins économiques et sociaux les plus urgents tout en mettant en place une politique à plus long terme capable de relancer une croissance durable, de stimuler le rythme de création d’emplois et de garantir un développement régional équilibré. Ils font une projection raisonnable concernant la croissance/création d’emplois avec en 2011 entre 0 et -2 % ; en 2012, 4 à 5 % soit 70.000 à 75.000 emplois, en 2013 et 2014, entre 5 et 6 % soit 90.000 emplois et à partir de 2015, entre 7 et 8 % soit 100.000 emplois. Ils souhaitent définir les filières économiques à privilégier et à développer (services aux entreprises et aux particuliers, TIC, bio‐activités, centre de recherche et de développement etc.), renforcer le système bancaire et développer la micro finance, faire renaître la bourse des valeurs mobilières, créer un pôle bancaire pour les Tunisiens de l’étranger, créer une zone de libre échange entre pays arabes.

Entrepreneuriat : Encourager l’entrepreneuriat en réduisant le coût et les délais de création, en simplifiant les procédures et en donnant la possibilité de faire les démarches par internet, exonération de TVA sur 5 ans.

fiscalité : création de l’Impôt sur les Grandes Fortunes (IGF) et de deux nouvelles tranches IRPP, exonération fiscale pour les revenus annuels inférieurs à 4000 Dt, augmentation de la taxe sur la plus-value immobilière, des droits de donations et de successions au dessus de 200 000 Dt.

Régions : redécoupage des régions pour un meilleur équilibre économique, démocratie locale avec finances autonomes, programmes de rénovation et rééquipement des villes (voiries, trottoirs, postes, télécommunications, espaces verts, centres sportifs et culturels), désenclavement par le transport (chemins de fer, autoroutes), développement d’un port en eaux profondes, pôles industriels et technologiques dans tous les gouvernements de l’intérieur et du sud, fibre optique de haut débit sur l’ensemble du territoire.

Emploi : Mise en place pendant 2 ans du Revenu d’Insertion Formation Emploi (RIFE) pour les jeunes diplômés sans emploi (SMIG /48h par semaine, prise en charge de l’assurance‐maladie et gratuité des transports publics), réforme de l’Agence pour l’emploi.

Social : Mise en place d’une caisse d’assurance chômage, Amélioration des prestations de la CNAM (doublement pour les maladies courantes), doublement des subventions aux familles nécessiteuses, plan de salubrité publique (lutter contre les constructions sauvages, lutter contre les occupations sauvages de la voie publique, lutter contre les décharges d’ordures illicites, rétablir l’éclairage public dans les zones urbaines), développer l’administration électronique, prise en charge de 50% du prix des manuels scolaires pour les foyers à revenus modestes.

Étudiants : amélioration de l’habitat étudiant (15000 logements par an supplémentaire) et des infrastructures étudiantes (restaurant, centre culturel et sportif), Bourse étudiante à 100 Dt au lieu de 50 Dt/mois aujourd’hui, allocations de recherche pour les doctorants (300Dt/mois).

Éducation : refonte des programmes scolaires, développement des filières professionnelles, mise en place de cours particuliers à l’école et réforme drastique des cours privés.

Logement : création chaque année de 10 000 logements locatifs et 10 000 logements accessibles à la propriété par la promotion publique et des incitations aux promoteurs privés.

Agriculture : Création de chambres d’agriculture dans chaque gouvernorat, amnistie des créances de moins de 5000 Dt aux petits agriculteurs, mise en place de circuit court des produits agricoles (cantines, administration), couverture sociale des pêcheurs, création d’un commissariat général de la pêche, autorisation de fabrication et de licence de barques côtières.

Santé : Nouvelle carte sanitaire et mise à niveau du secteur public de la santé, multiplication de centres de santé intermédiaires, créations de pôles de santé en région, partenariat public-privé pour l’installation d’équipements lourds.

Sécurité : reforme politique et professionnelle de la formation des forces de l’ordre.

Politique étrangère : intégration économique, sociale et culturelle avec la Libye (circulation des biens, des services, des personnes, des capitaux), zone de libre échange arabe, discussion pour un accès à l’Espace Européen avec une levée provisoire des restrictions à l’exportation.

Tourisme : Enrichir le contenu du tourisme et promouvoir le tourisme culturel et naturel, nouvelle typologie de l’hébergement (maison d’hôtes, gîte d’étapes, hôtel de charme, pension de famille, logement chez l’habitant),  mise en place d’un livret professionnel, amélioration des hébergements des personnels travaillant dans les zones touristiques, développer la vente par internet en raccordant tous les hôtels au net, généraliser les compagnies low cost.

Culture : Liberté de création, doubler le budget du ministère de la culture, construction d’équipements culturels en régions, cadre juridique pour la propriété intellectuelle, redonner de l’importance au sport scolaire, multiplier les espaces publics pour la pratique du sport, imposer la construction d’infrastructures sportives dans les projets immobiliers.

Un programme sur le papier beaucoup plus réaliste que d’autres si l’on en croit les projections d’emplois et la croissance envisagée, d’autant plus que le PDM est le premier parti à donner des clés sur le financement de son programme car selon Mahmoud Ben Romdhane, "Il ne suffit pas de balancer des chiffres et des promesses à la population, il est nécessaire d’avoir les moyens de ses ambitions", il ne faut d’autre part "pas tromper les électeurs en leur promettant des réalisations que l’économie tunisienne ne peut accomplir". Les experts du PDM expliquent que la situation économique du pays n’est pas si catastrophique que ça, L’état des lieux présenté par Mahmoud Ben Romdhane et Selim Azzabi révèle que "malgré les difficultés, la Tunisie n’a pas connu de récession profonde se traduisant par deux trimestres successifs de croissance négative. En plus, les investisseurs étrangers n’ont pas quitté le pays. Ils sont dans l’attente et n’ont pas perdu confiance. Par ailleurs, la dette publique se situe dans un niveau acceptable (entre 35 et 40 % du PIB). L’économie nationale peut encore supporter un endettement supplémentaire, surtout que la communauté internationale soutient la révolution tunisienne et propose des offres intéressantes de crédits à notre pays dont l’économie n’a besoin que de trois, voire quatre milliards de dollars par an pour réaliser ses objectifs".

L’Observatoire politique tunisien considère avec attention les propositions progressistes du PDM, la rédaction reconnaît sa vision économique non électoraliste et se félicite de sa transparence financière :

Recettes : 247.000 dinars : 165.000 dinars provenant des partis et des initiatives formant le pôle + 82.000 dinars provenant des bons de soutien

Dépenses : 233.200 dinars (111.000 dinars pour l’organisation des meetings + 78.084 dinars pour la publicité + 43.000 dinars pour les frais de fonctionnement).

Ventilation des dépenses : Frais de fonctionnement (18,62 %) ; Meetings (47,9 %) et publicité (33 %).

Le Pôle Démocratique Moderniste se positionne sans doute comme le parti qui a le plus osé dans ses propositions pour une société démocratique résolument moderne. Même si certains lui reprocheront sa politique trop à gauche ou le fait de ne pas être allé au bout de le volonté progressiste en utilisant le terme de laïcité par exemple, ils se positionnent clairement comme une des propositions les plus crédibles et modernistes de la nouvelle donne politique tunisienne. Il faut prendre en compte le fait que ce programme est validée par les quatre partis politiques qui composent le Pôle et que ces différentes composantes n’ont pas nécessairement une idéologie commune. Cela montre donc leur capacité pragmatique au consensus, qualité qui sera nécessaire au sein de la future constituante. Si l’on ajoute à cela qu’ils ont été les seuls à respecter la parité sur les listes électorales avec 50% de têtes de listes féminines, que leur programme ne fait pas rêver mais semble nous dire que leurs promesses sont réalistes, le PDM pourrait bien s’avérer être un favori surprise dans la course à la constituante… Il reste maintenant à savoir si le PDM saura fédérer les Tunisiens autour d’un projet qui prélèvera plus aux tunisiens les plus aisés et qui appelle à la solidarité nationale pour les autres notamment du fait du très cher coût des réformes sociales.

Source : TAP, Business News, Tunisie numérique, Espace Manager, investir en Tunisie, Site officiel du PDM.

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À propos de observatoirepolitiquetunisien

L'Observatoire Politique Tunisien est une initiative individuelle privée, non affiliée à un parti, qui a pour objectif de sensibiliser les Tunisiens à la politique. Par des présentations, des analyses et des commentaires de l'actualité politique du pays, nous tenterons de fournir aux lecteurs quelques clés pour analyser et comprendre la communication politique des différentes composantes du paysage politique tunisien.
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12 réponses à PDM à la loupe

  1. S’il vous plait : c’est Al Qotb et non PDM !!!

  2. Désolé, nous vous le répétons une nouvelle fois mais l’appellation officielle est bien PDM. Dans une présentation factuelle, on utilise le nom, pas le surnom, c’est la politique de notre rédaction. Nous avons néanmoins ajouté le mot clé "El Kotb" pour les recherches dans les moteurs de recherche et ajouté le surnom "El Kotb" dans l’article. Merci de votre compréhension.

    • Ben Sassi Sami dit :

      Merci beaucoup pour votre réactivité, et bravo pour le site! Vive la Tunisie démocratique et moderniste, on n’a pas le choix que d’y arriver! ;)
      « Nous devons être le changement que nous voulons voir dans le monde » – Mahatma Gandhi.

  3. C’est très bien d’avoir adopté la parité à un moment particulier de notre histoire.
    Voici mes suggestions en ce qui concerne:
    1 – L’agriculture:
    a – la femme rurale doit etre absolument et définitivement réhabilitée ; il faut que ses enfants deviennent agronomes, créent leur propre entreprise et ne souffrent plus de l’exode rurale ni de l ‘immigration clandestine ;
    b – Ces femmes familles rurales st les seules qui peuvent développer une vraie écologie et une nourriture biologique. Il ne faut pas suivre les pays qui ont détruit un savoir faire agricole millénaire puis ont fait de la bio un luxe. La Tunisie était le grenier de Rome pourquoi ne pas en faire un grenier international. Sous la berbère Kahena le Maghreb était vert. Il parait qu’on voyageait à l’ombre sous les arbres.

    2 – La culture:
    La Tunisie est un carrefour de civilisations c.a.d. carrefour de richesses ; nous devons absolument créer des carnavals réguliers partout en Tunisie. Dans certains pays les carnavals st scolaires et universitaires et compétitifs. C’est de cette façon qu ‘on peut passer éviter le tribalisme, le régionalisme et unir la patrie.

    3 – Le Tourisme:
    Encourager le tourisme agricole local et international ou les étudiants peuvent etre nourris et logés et en mme temps se familiarisent avec se monde et font des stages.

    4 – Les échanges:
    Il faut penser à un échange avec toute l’Afrique. e.g. Les Africains n’ont pas d’agriculture ; ils achètent encore le riz avec des devises par contre nous avons un grand choix de céréales. Nous avons le couscous, les pattes, le borghol, les Nouassers plus les fameuses soupes de blé d’orge et les hlalem. Il faut vivre avec les non tunisiens pour mieux comprendre notre place. Les Mauritaniens ont plein de poisson.

    5 – La Santé:
    Beaucoup d’ Européens veulent venir se soigner en Tunisie. On peut faire un CNSS avec les gens ordinaires les autres seront intéresses par la chirurgie esthétique, la thalasso, etc…..

    6 – L’Education:
    Développer Bourguiba School ds toute la Tunisie. Ici, nous avons le background des languers alors qu’on Europe et ailleurs c’est à peine si on parle une deuxième langue.

    7 – La parité exige un développement de l’ARTISANAT FEMININ.

    NB. Toutes ces idées génératrices d’emplois et de richesses sans le recours à un ENDETTEMENT doivent absolument etre appliquées avec beaucoup de sérieux et de professionalité.

  4. KHALED ABICHOU dit :

    Pas un sou en provenance des "personnes morales" comme disent ceux qui se font financer par les entreprises. Le PDM, c’est la transparence et l’éthique en plus.

  5. Amem dit :

    Elkotb nous fait rêver … En espérant un bon reveil le 24 octobre. Vive la Tunisie libre

  6. Message déplacé de Afif Guidira, la rédaction ne souhaite plus faire apparaitre de messages sur sa page d’accueil :

    VOTONS POUR LES DÉMOCRATES MODERNISTES
    Par Afif GUIDARA
    Les élections de la Constituante auront donc bien lieu le dimanche 23 octobre 2011. C’est vraiment merveilleux ! Mais, est-ce que les tunisiens, en âge légal de voter, ont pris connaissance des programmes des différentes listes partisanes ou indépendantes ? Je doute fort…
    Dans cette cacophonie de partis (111 jusqu’à l’écriture de ce papier), il serait difficile de se retrouver. Car, dans une telle mosaïque de partis, allant des plus anciens dont certains forcent du reste le respect, en passant par d’autres nationalistes, réactionnaires ou pire encore religieux, pour finir par les tous nouveaux : anciens RCDistes ou populistes, tapageurs et financièrement douteux… C’est dire à quel point le tunisien moyen et non averti aurait du mal à faire le bon choix pour que la révolution tunisienne réussisse définitivement et assure le présent et l’avenir de toutes les générations de la Tunisie.
    Je reste optimiste, quoique certains évènements me préoccupent réellement. En effet, quand j’apprends que ZABA, sa femme et ses enfants et leurs époux ont reçu des passeports neufs et diplomatiques de surcroît, le 16 janvier 2011, c’est-à-dire 2 jours après sa fuite et son refuge chez les wahhabites, je me pose des questions…beaucoup, beaucoup de questions. A cette date, M’bzâa était déjà à Carthage, Ghannouchi encore à la Kasbah et un certain Morjane aux affaires Etrangères. Est-ce que ce dernier s’est permis, de son propre chef, d’accorder ces passeports à ZABA et sa famille, à l’insu de Ghannouchi et M’bazâa ???
    Ce Morjane, ancien lieutenant de ZABA, chef du parti «l’initiative», candidat à la Constituante, me révolte car, il risque de passer entre les mailles de la justice. Et, il est loin d’être le seul, avec tous ces partis d’anciens RCDistes, en particulier Jegham qui fut ministre du tourisme, ministre de l’intérieur (pendant des années) et ambassadeur de la Tunisie, successivement à Rome et à Pékin. Ces anciens ministres, pendant de très longues années sous le régime de ZABA, n’ont pas de responsabilités morales et surtout politiques !!! Au lendemain de la révolution, ces hauts dignitaires comme plusieurs de leurs semblables se sont empressés de revêtir un nouveau blason et se sont vite cousus une nouvelle virginité ??? Le roi est mort, vive…

    On l’a donc compris, le RCD a été dissous et des DIZAINES de petites nébuleuses rcdistes aussitôt créées après avoir essayé, sans grands succès, de semer la pagaille dans le pays. Mieux encore, certains petits chefs ou secrétaires généraux d’anciennes cellules rcdistes ont adhéré à la mouvance Ennahdha. Au nom d’Allah, tout est permis car, ils sont frères aux yeux de leur doctrine islamiste salafiste. Décidemment, Ennahdha ne recule devant rien y compris le fait de chiper certaines «propositions», faites par ZABA, la veille de sa fuite, pour remédier au chômage. Rappelez-vous, ZABA nous a promis la création de 300.000 nouveaux emplois sur deux (02) ans !!! Ennahdha promet, dans son programme électoral, la création de 590.000 nouveaux emplois durant le quinquennat 2012-2016.
    A l’époque, la réaction des économistes tunisiens ne s’est pas faite attendre en jugeant que les soient disant 300.000 nouveaux emplois de ZABA sont de l’utopie bien que la croissance fut de l’ordre de 4 % en moyenne par an. Mais, que dire des 600.000 ou plutôt 590.000 car les Ennahdhouis ont jugé trop flagrant de proposer le double de ZABA et ont fini par adopter un chiffre plus «savant», à savoir 590.000.
    En ce qui concerne le secteur de la santé, Ennahdha propose un désengagement pur et simple de l’Etat au profit des associations caritatives !!! Il serait intéressant de savoir d’où proviendraient les fonds de financement de la création et d’exploitation des hôpitaux et des cliniques ???
    La mesure N° 152 du programme électoral d’Ennahdha ne parle pas du financement de ce projet mais appelle clairement à «revoir les modalités de financement du secteur médical en vue d’impliquer le secteur associatif dans la création des cliniques».
    Cette mesure pourrait mettre à mal l’un des piliers du régime républicain qu’est la santé. L’Etat ne pourra plus être garant de l’équité de l’accès à la santé, de la couverture sociale et des prestations médicales, pour tous les citoyens. En outre, cette mesure pourrait aussi mener à l’appauvrissement des structures publiques de la santé et à les mettre en concurrence déloyale avec des structures parapubliques financées d’une manière douteuse par des associations caritatives. Cette mesure est de nature à mener à la discrimination et au clientélisme politique conditionné par une affiliation au parti politique au pouvoir ou aux groupes d’intérêts influents. Ce programme n’apporte aucune mesure concrète pour améliorer les conditions de travail et de sécurité du personnel médical et paramédical, et dans les structures de la santé. De plus, aucune mesure concrète n’a été proposée pour inciter le personnel médical et paramédical à s’installer dans les régions intérieures du pays.
    Le programme électoral d’Ennahdha intrigue davantage au fur et à mesure qu’on s’approfondie dans sa lecture. En effet, les «coïncidences» troublantes entre le programme d’Ennahdha et le programme économique et social (le Plan Jasmin), élaboré par les équipes de BCE PROVISOIRE, et présenté récemment lors de la réunion des ministres des finances et gouverneurs des banques centrales du G8 à Marseille. Ces similitudes ennuies consolident objectivement notre jugement de ce parti guignol et fantoche.
    En matière de société, Samir Dilou, porte parole du mouvement Ennahdha, n’a pas hésité une seconde à déclarer, au journal électronique «investir», que la polygamie est un principe fondamental qui doit s’inscrire dans la prochaine constitution tunisienne. Et, d’ajouter : “la polygamie est l’un des principes fondamentaux du programme Ennahdha. Nous défendons ce droit et cette liberté préservée en Islam. Nous sommes déterminés à introduire ce droit à la constitution tunisienneˮ. C’est dire à quel point, ces individus cachent leur jeu car, dans leur programme, il est même question d’égalité homme/femme !!!
    NON, le programme d’Ennahdha représente tout juste un cocktail de propositions PLAGIÉES, TROMPEUSES et INIQUES. Je considère que toutes les forces sincères et démocratiques de Tunisie se doivent la responsabilité historique de se mobiliser contre cette mouvance islamiste qui dissimule soigneusement ses véritables idées, chargées de haine et d’obscurantisme par rapport à tout progrès et toute modernité.

    Il est vrai aussi que cette campagne électorale nous a permis de découvrir d’autres partis dont certains se sont rués vers le marketing politique, touts azimuts, en bafouant tous les consensus et lois en la matière. Je cite, entre autres, le PDP, «l’initiative» et l’ULP dont le fondateur est un richissime pétrodollar tunisien qui a fait fortune du côté de la Libye, à la «belle époque» d’un certain Seif Gadhafi, désormais recherché par Interpol et le Tribunal Pénal International (CPI). Monsieur Riahi, patron de l’UPL, a décidé donc de se lancer en politique en investissant à coups de millions de dinars et en recrutant partout et n’importe quoi y compris dans les milieux footballistiques allant d’un ex-gardien de buts, d’un niveau instructif moins qu’élémentaire jusqu’un entraîneur de «renom», connu pour son «sang froid» et son lexique plutôt médiocre et éculé.
    Le parti de Morjane a été aussi séduit par le milieu, apparemment, porteur du foot en faisant appel aux services d’un ex-président d’un club sud banlieusard, poussé à la porte (retraite forcée) depuis les premières semaines d’après révolution.
    Tout ce beau monde se présente à la Constituante pour nous écrire une Nouvelle Constitution et proposer des solutions, aux tunisiennes et tunisiens, en matière de chômage, éducation, enseignement, industrie, logement, environnement, transport, santé, droits de l’homme, et CULTURE !!!
    Le gouvernement de BCE PROVISOIRE a réussi, tant bien que mal, à tenir le pays et éviter des dérapages de tout bord. Mais, il a fait fi par rapport aux graves dépassements des appareils judiciaires et sécuritaires. Nos flics et leurs patrons sont encore majoritairement corrompus et la justice est encore largement dépendante du politique. Ce corps malade doit rapidement purger ses effectifs de tous les magistrats pourris qui ont gangréné la société et étaient à la botte de ZABA. La magistrature doit se restructurer et devenir véritablement saine et indépendante pour démentir Baltasar Garson, juge espagnol responsable de l’extradition de Pinochet, qui déclarait, au début juillet, à Tunis, en apprenant que le Haut Conseil de la magistrature tunisien n’avait pas été dissous mais seulement gelé : «votre Révolution est inachevée».
    En effet, BCE PROVISOIRE a toujours évité d’engager un tel chantier compte tenu de sa complexité mais aussi l’état actuel des choses dans la magistrature sert ses intérêts. Sinon, comment peut-on expliquer que plusieurs responsables, pilleurs de la Tunisie courent toujours et mènent une vie des plus paisibles. Je pense, entre autres, à certain Mabrouk, époux de la fille de ZABA, issue de son premier mariage. Il se trouve que ce Mabrouk ne risque pas d’être inquiété car son avocate n’est autre que la fille de BCE et parente à la famille Mabrouk par alliance. De plus, Taoufik CHAIBI, propriétaire de Carrefour et parent de Slim CHIBOUB, est un ami et parent à BCE PROVISOIRE. Il devient clair que toutes ces interconnexions familiales obligent BCE PROVISOIRE de gérer le temps en faveur des membres de sa famille. Avec beaucoup d’habileté et de ruse politique, BCE PROVISOIRE fait le discours que la rue tunisienne veut entendre, en condamnant ZABA de haute trahison, sans résultat palpable ni tangible…

    L’enjeu de ces premières élections libres, transparentes et démocratiques est de taille car, il faut bien comprendre que la Constituante n’aura pas uniquement pour tâche l’écriture d’une Nouvelle Constitution mais aussi désigner un nouveau Président de la République et former un gouvernement. Certes, le Président et le gouvernement seront provisoires mais le gouvernement aura à gérer le pays et trouver des solutions durables à court et moyen termes dans tous les aspects macro et microéconomiques.
    Ce gouvernement doit entamer des réformes urgentes des appareils judiciaires, sécuritaires, sanitaires, éducatifs et sociaux. D’où l’importance du choix, le jour des élections le 23 octobre prochain. Ces représentants du peuple vont tracer les politiques de l’Etat dans tous les domaines et nous engager sur des voies qu’il serait difficile à redresser, en cas d’arrivée au pouvoir de tendances réactionnaires, stéréotypées et dogmatiques telles que Ennahdha et ses alliés.
    Je n’appréhende point ces élections en termes d’indépendance et de transparence, mais je craints gravement les influences partisanes et l’achat des voies de citoyens nécessiteux et non avertis car cette phase de pré-élections a fait présager beaucoup de dépassements, en particulier le manque flagrant d’éthique et de déontologie politiques chez certains partis et mouvements qui sont convaincus que tout s’achète…
    Devant ces marchands et acheteurs d’âmes dont les finances sont plus que douteuses, j’appelle à la conscience et la rationalité des tunisiens : VOTONS PÔLE DÉMOCRATIQUE MODERNE, VOTONS RATIONNEL ET UTILE…

  7. Une contribution concernant la réforme du système éducatif ,clé de voûte de tout développement durable:
    Organisation pédagogique:
    Confier la gestion des établissements primaires aux municipalités : création,développement et maintenance,
    Régionaliser les examens de fin de l’enseignement primaire ainsi que l’accès aux collèges,
    Créer des pools de collèges et lycées pour mutualiser les moyens humains et matériels et en optimiser l’utilisation ,
    Réaménager le temps scolaire de façon à réserver les après-midi aux activités sportives ,culturelles et de clubs et éventuellement des cours de soutien qui doivent devenir partie intégrante des obligations de l’école.Ces cours doivent prendre un caractère individualisé par élève et par matière et non pas systématique.
    Revaloriser le statut de l’enseignant en lui otant définitivement ce rôle de vendeur de savoir et en en lui octroyant celui de guide et de coach de l’élève.Pour cela l’enseignant est appelé à se consacrer totalement à l’accomplissement de sa mission : enseignement,accompagnement, développement de la personnalité de l’élève à travers les activités de club et culturelles.L’enseignant passera ainsi de débiteur de connaissances à celui de "coach".Le rôle de l’école sera alors "apprendre à apprendre". Ceci implique évidemment une révision totale de de son statut social,professionnel et financier.
    Donner une importance particulière à la formation des enseignants avant leur recrutement ( Pourquoi pas un mastère de sciences de l’éducation avec une spécilisation primaire,collège et lycée?) et tout au long de leur carrière qui sera indexée sur leurs performances.
    Revaloriser les filières professionneles en en faisant des filières de succès et non pas d’échecs.
    L’orientation et la réorientation scolaire doitvent etre un phénomène continu tout le long de la scolarité pour qu’il n’y’ait plus une orientation qui soit perçue comme une condamnation à vie ou comme une entrée dans un tunnel sans issue.
    Changer le mode de gouvernance des établissements en associant aux organes de management l’administratif ( conseil de direction ),le pédagogique ( conseil d’orientations pédagogiques )et le social ( conseil d’orientation stratégique regroupant parents,enseignants, administration et société civile ).

  8. Doudou dit :

    On parle du même programme, celui de 17 pages ?
    Vous n’avez par hasard analyser un autre programme.

    Merci.

  9. Ping : Comment choisir son candidat en ligne ? — Actualités du monde !

  10. nabil chaibi dit :

    Excellent post. I definitely love this website. Continue the good work!

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